Des Jours Et Des Nuits

Entre l'adaptation télévisée de "Des jours et des nuits" et le roman de Gilbert Sinoué, des variantes. Deux histoires intimement liées. (Titre en Espagnol "la Mujer Del Sueño")

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Lieu : France

mardi, septembre 13, 2005

Nos jours séparés, nos nuits ensemble

C’est ce que chaque individu peut proposer à un autre, puisque nous sommes séparés de corps, d’identité seulement, par cette illusion à laquelle nous consentons pour vivre cette aventure de la vie sur terre.

jeudi, février 24, 2005

Cette femme, réincarnée comme lui, vit sans doute aujourd'hui quelque part dans le monde. Aussi s'est-il mis en tête de la retrouver coûte que coûte

« Pour sa part, le héros, Ricardo Vacarezza, vivant dans l'Argentine des années trente, mettra du temps à se persuader que cette femme qui le hante la nuit et lui apparaît même le jour, il l'a aimée passionnément dans une autre vie, il y a trois mille ans, sur une île grecque. Cette femme, réincarnée comme lui, vit sans doute aujourd'hui quelque part dans le monde. Aussi s'est-il mis en tête de la retrouver coûte que coûte, dût-il abandonner sa fiancée, sa fortune et sa terre... »

Bien sûr ce n’est qu’un roman et comme son nom l’indique une fiction. Les personnages ont peu de chances d’avoir existé réellement et puis la fin… leur appartient.

Cette fiction m’a touchée particulièrement au point de devenir objet de blog parce qu’elle est une variation sur le même thème que celle que j’écris actuellement. Même si ses personnage principaux n’ont pas grand chose à voir avec Richard, Sara ni Clara, il reste que leur histoire est assez proche de la mienne qui va donner lieu à un autre blog.

Elle consiste aussi en deux volets dont pour ma part je ne vous présenterai qu’un seul, pour la simple raison qu’elle en est restée là.

En effet la rencontre n’aboutit pas. Le héro en reste au stade de la rencontre sans réussir à se faire entendre avec son ébauche de projet de vie sur les bras et son rêve non partagé.

Qu’aurait-fait Richard s’il n’avait pas eu le prétexte de la cicatrice de Dora ou si elle n’avait pas eu de cicatrice ? Si elle avait refusé de l’écouter ? Et si la mémoire de leur passé ne lui était pas revenue lors de leur visite sur l’île Ronde ?
Autant de questions auxquelles le personnage central de mon histoire va se trouver confronté.

Elle n’est pas entrée par effraction dans ses rêves comme Dora pour tout chambouler. Il s’est agit en quelque sorte plutôt d’une réponse à une invitation secrète.

Au terme d’autant d’épreuves que Richard/Ricardo, il est sur le point de rencontrer la personne de ses rêves, de revivre avec elle le mythe des mythes, ils passent même une dizaine de jours à se cotoyer lors d’un voyage itinérant sans qu’il parvienne toutefois à obtenir d’entrevue avec elle.

Elle se dérobera à toutes ses tentatives.

Du coup, il repart bredouille, vexé, avec un sentiment d’incompréhension qui le plonge dans un trouble profond.
Face à l'absurde il prend la décision de tirer un trait et se promet de s'y tenir à moins qu'elle fasse la démarche de revenir vers lui.

Après tout un rendez-vous se prend à deux, il est venu dés qu’il a pu. Si elle refuse de l’honorer c’est son droit le plus strict.

Qu’a-t-il fait pour mériter ça ? Il se posera longtemps et bien des fois la question sans aboutir vraiment.

Quelle faute a-t-il commise ? Il se reprochera longtemps d’avoir manqué de constance dans ses prières pour la rencontrer.

mercredi, février 16, 2005

Maintenant que nous ne sommes pas un couple, - et de la même façon si un jour nous en devenions un, et les choses n’auraient pas de raison d’aller autrement – nous pouvons avoir des divergences de point de vue causés par toutes sortes de motifs, et avoir du mal à communiquer bien que nous puissions déplorer cette divergence sans toutefois être en mesure de la gommer.

L’un de ces motifs est le genre dans ce par quoi il affecte notre nature effectivement.
Un autre est le genre dans ce par quoi il nous affecte en tant que représentant du genre auquel on appartient.

Le genre se reçoit d’une part par la nature qui nous en dote, d’autre part par la société dans laquelle on est né.

Nous appartenons au genre que les autres nous ont donné/reconnu et nous appartenons au genre déterminé au cas par cas lors de nos pulsions (tout du moins en attendant de trancher -s’il le faut -lequel l’emporte sur l’autre en notre personnalité. Ce n’est pas forcément le même. Ni toujours, ni à tout instant.

Donc nous pouvons avoir des points de divergence qui nous maintiennent séparés.

Ces mêmes points peuvent être prétexte à nous accorder/entendre/rapprocher comme ils ont servi à nous éloigner l’un de l’autre.

Le genre sert de prétexte à tout un arsenal d’histoires toutes faites, on pourrait le qualifier de mythe tant il a été conté, décliné sous tant de modes ! Il est au centre des comédies et des tragédies, poudrière inépuisable pour le théâtre de l’âme humaine.

samedi, février 12, 2005

Le couple que forme Richard/Clara est différent de celui de Ricardo/Flora, l'argentin.

Leur différence donne une toute autre tournure au récit.

Richard et Clara: Marié depuis 20 ans, Richard forme avec Clara un vrai couple, soudé.
En son rôle d’épouse Clara est parfaite et remplit son rôle à la hauteur de l’idée qu’on peut s’en faire dans la France actuelle : aimante, dévouée, solidaire, complice.

Richard se fie à elle au même titre qu’ à lui-même. Elle a un pouvoir sur sa vie.

Quand il perd pied c’est tout naturellement qu’il se tourne vers sa compagne pour lui demander conseil et appui.
Hélas, grossière erreur… en tant que principale rivale en son cœur, elle est aussi le plus gros obstacle à la réalisation de sa « légende personnelle ».
Et pour parler en terme de mythe ou d’épopée, elle est son pire ennemi, le démon installé dans la place la plus stratégique sous l’apparence d’une victime innocente. Mais je reviendrai plus tard sur les démons de nos légendes, pas que j’ai une prédilection particulière pour ces entités, juste pour une raison personnelle et encore obscure. ;)

Disons, pour l’instant qu’il conviendrait ici de considérer l’épouse en tant qu’ennemi n°1, un ennemi d’autant plus dangereux que sincère et agissant en « toute bonne foi ».

N’est-ce pas elle qui le fait interner avec la complicité du corps médical dans l’espoir de le « récupérer » ?

Quand elle se résoud à le faire évader, c’est en situation d’échec. Elle sait qu’elle le perd de toutes façons alors elle lui laisse sa chance.

Après tout, il n’a rien de tangible, pas d’autre indice que ses rêves pour avancer.
Qui peut croire en ses rêves et prouver quoi que ce soit en ce domaine ?
Ce serait bien le diable qu’il réussisse dans son entreprise de rencontrer cette femme !
Et alors que pourrait elle contre des forces occultes et infernales ?
Elle le laisse donc partir, l’en remettant au destin, mais elle veille de loin.

Elle viend plus tard le retrouver sur l’ïle. Il la repousse et lui dit qu’il l’a trouvée, que la femme de ses rêves existe vraiment, ce n’est pas une chimère. Puis quand il est de nouveau hospitalisé, alors que la belle retrouvée l’a envoyé paître malgré toutes ses tentatives, Clara tente une dernière fois de le ramener avec elle et pense avoir vaincu une bonne fois pour toutes. Le coup de théâtre qui se joue alors marque le premier acte du dénouement. Pendant que Clara effectue les formalités de sortie de son époux, Dora apparaît au bout du couloir et fait signe à Richard de la rejoindre. Elle lui déclare l'aimer... pas pour l'histoire qu'il lui a racontée pour laquelle elle se sent étrangère mais pour lui, pour ce qu'il est maintenant.

Ils ne se quittent plus, mais Richard ne peut trouver la paix encore. Pour lui, il reste quelquechose à accomplir et il tentera une dernière fois sa chance de faire que Dora se souvienne de leur histoire.

vendredi, février 11, 2005

Nous rêvons tous. Combien sommes-nous à réaliser nos rêves ?

C' est une variation sur le mythe d'Orphée, dit François BUSNEL dans sa préface du roman.

« "Des jours et des nuits" est une invitation à se souvenir de cette évidence : c’est par les rêves qu’autrefois les dieux s’adressaient à ceux qu’ils avaient choisis, c’est par les rêves que nos souvenirs nous donnent la force de regarder plus avant, c’est dans les rêves que se trouve la clé destin. Ricardo et Sara ne le savent pas, mais ils sonts les astres conçus pour éclairer un monde enténêbré. Le nôtre.

Théra, juin 2002»
François BUSNEL

mardi, février 08, 2005

Clara/Flora.. Dora/Sara.. Richard/Ricardo

MADRAL : Richard Deligny, Clara et Dora (Alexandra)
SINOUE : Ricardo Vacarezza, Flora et Sara

CLARA/FLORA ET DORA/SARA

Le personnage de Dora/Sara est lisse. C’est une belle femme indubitablement, mais surtout belle, elle l’est de fàçon particulière aux yeux de Richard/Ricardo.

Sa beauté ne sort pas à ce point des normes cependant pour suciter une telle fascination chez un homme au point d’en perdre la raison. Surtout à notre époque où les médias savent exacerber et sublimer la beauté de toutes sortes et sous toutes sortes de formes.

On n’apprend que peu de choses d’elle au cours du récit.

A sa façon pourtant elle a fait son chemin vers lui. Inconsciemment - quel que soit le terme approprié -, elle s’est retrouvée à étudier sur les lieux mêmes où s’était jouée leur relation (3000 ans auparavant selon l’histoire qui lui racontée par Richard), et elle le fait dans la situation la plus adaptée, celle d’archéologue. Sans mémoire cependant de quoi que ce soit qu’il s’agisse de mémoire d’une autre vie ou du rêve de Richard, elle a exploré les lieux avant qu’il ait rêvé d’elle, elle a travaillé dans la galerie là où ils sont sensés avoir vécu ensemble dans une autre vie.

Elle est aussi la pointe d’exotisme qui survient en période de routine dans une vie de PDG rompu faux chiffres et aux réunions d’affaires.
Mais est-ce bien un argument suffisant pour faire basculer la vie d’un homme bien campé dans la dure réalité du monde des affaires et qui à en juger par sa situation matérielle et professionnelle a accès à toutes sortes de plaisirs.

Non. Ce qui caractérise la belle dorienne c’est son côté surnaturel et tout ce dont elle peut être investie de par cette condition. Elle vient comme le couronnement d’une existence à son apogée la complèter en ouvrant les portes de l’absolu et du sacré.


Belle, Flora la jeune fiancée de 27 ans l’est, même comme dit l’expression « d’une beauté insolente », sans doute plus belle même que Sara.

Pourtant malgré toutes les qualités de la jeune femme et son désir de femme qui comme dit l’adage ne pouvait être qu’un ordre pour un homme comme Vacarezza, celui-ci est boudé par le plaisir avec elle depuis que l’inconnue a fait irruption dans ses rêves.

« Chaque fois au moment suprême, l’orgasme se dérobait. Alors insensiblement sur le visage de sa fiancée se superposa celui de la mystérieuse femme de ses rêves. La seconde gomma la première avec tant de naturel que l’on eût pu croire que l’intruse n’était pas l’étrangère, mais Flora. L’étrangère revenait prendre possession de son bien, elle revenait sur ses terres.

Il se laissa envahir, offert, vendu, sans condition. Il s’abandonna à elle au milieu de sa solitude comme à un guide dont on pressent qu’il vous conduit vers la lumière. »


- Description du plaisir sexuel masculin p.120-121, (Extrait)


Argument de Flora, la fiancée lors de la rupture : Chap. 15 - p. 231 :

« Je sais que je t’aime parce qu’il est plutôt rare de faire l’amour avec un homme et d’éprouver à chaque fois qu’il entre en vous, le désir farouche de vouloir un enfant de lui. Ce désir je l’ai ressenti la première fois que tu m’as frôlée. C’est excessif sans doute. Mais c’est ainsi. Alors je t’en prie ne m’implique pas dans tes états d’âme. Je n’en ai pas. Je n’en ai jamais eu. »

En d'autres termes Flora justifie son « amour » par l’instinct de reproduction ressenti pour cet héritier surnommé « El Guapo ». Etre sa compagne c’est pour elle une fierté, un moyen de s’affirmer socialement en tant que femelle « dominante » parce que choisie par un mâle dominant.

Elle est femelle et prétend ne pas avoir d’états d’âme.
Quoi qu’elle entende par cela, elle ne tient pas à partager ceux de son fiancé. Elle choisit de ne pas les entendre car elle devine qu’ ils lui renverraient ce qu’elle représente aux yeux de cet homme c’est à dire bien peu. Elle ne peut exister qu’aux yeux du simulacre de Ricardo Vacarezza.

RICHARD DELIGNY ET RICARDO VACAREZZA

L’un et l’autre se caractérisent par la réussite de leurs vies comblées matériellement, professionnellement et socialement. Pourtant côté vie privée, ils diffèrent quelque peu.

Ricardo : Face à l’aventure qui accapare sa vie, la jeune Flora perd la manche. Ses arguments ne font pas le poids dans la balance des priorités de cet homme conquérant, assoiffé par la vie qui prend cette aventure qui s’offre à lui comme un challenge de plus. Un challenge important, incontournable. Il veut se donner les moyens d’explorer les nouveaux territoires qui lui sont proposés par les voies de l’inconscient. Par le biais de la mythologie de la Grèce Antique, il va se trouver confronté au monde de l’archéologie et aux dernières découvertes en la matière.

Alors que Richard est comblé par une femme aimante et un fils en âge d’entrer à son tour dans la vie d’adulte, Ricardo sur le point de « prendre femme », n'est pas encore engagé définitivement, ni aussi profondément attaché qu'une vie commune de 20 ans le suppose.

La décision de rompre avec sa fiancée a une toute autre résonnance que s’il s’agissait de quitter sa compagne de toujours, l’un des repères les plus sûrs de son existence comme Richard va être amené à le faire. Face à son choix il est seul et désemparé car il remet en cause tout ce qui constituait la base de son existence.

"Seul car qui pourrait le croire hormis elle ?"

Dans la version filmée Richard est seul. Complètement seul. C'est même une des conditions indispensables au processus qu'il entreprend de traverser. Il arbore triste mine et piètre état de santé, risque sa vie, brave même la mort au cours d'un rêve et implore la pitié de son principal bourreau qui estime agir pour son bien, son épouse.

" C'est par le jeu des comédiennes que sa folie existe. En effet le héro est le théâtre du combat que se mènent les deux femmes en son cœur". (Stéphane Freiss)

Pourtant 'combat' n'est pas le terme adapté car ni l'une ni l'autre de ses femmes n'est consciente de ce qui se trame.

L’une, l’épouse est évincée par un fantôme alors que l’autre, la rivale ignore jusqu’à l’existence de celui qu’elle est prétendue ravir !


« Dites vous bien ceci, señor : l’enfer ce sont nos rendez-vous manqués. » (Horacio, le gaucho)

« Pour la première fois de toute son existence, il faisait l’apprentissage de la solitude ; la plus insupportable ; celle ou l’on n’est jamais seul ; celle qui vous enferme au milieu de gens qui ne vous inspirent plus, qui vous parlent et que l’on ne comprend pas, qui se veulent proches et qui sont si loin de vous. Ni le bruit, ni le silence, ni les larmes, ni les rires, rien de ce qui fait le monde en mouvement ne vous atteind.

Depuis qu’il voyait Adelma Maizani, Ricardo se sentait métamorphosé. Il avait l’impression de descendre lentement le long des parois d’un volcan vieux de millions d’années. Chacun de ses pas soulevait un peu de poussière noirâtre, légère comme la cendre. Chacun de ses pas dénudait un peu du passé, qui l’aidait à mieux lire le présent.Au fond du cratère tremblait un halo de lumière, qui laissait augurer des aubes neuves. Cette lumière là il se sentait incapable de la partager avec qui que ce fût, encore moins de l’expliquer. Plus rien ne le passionnait hormis cette quête qu’il avait entreprise, au départ à son cœur défendant, aujourd’hui dans la fièvre et la passion. Ses cauchemars ne le tourmentaient plus, au contraire. Il les guettait avec la ferveur d’une sentinelle qui surveille l’arrivée des messagers. » (Chap. 11)

Qu’est-ce qui différencie le fait de rêver dans son sommeil ou éveillé ? Qu’est-ce qui différencie la réalité du jour de celle du sommeil ? Qui peut l’expliquer ? Pour ce que je peux en dire, quand je rêve je vis des expériences au même titre que la journée. A un moment du rêve il se trouve que je prend conscience que je suis en train de rêver. Sans qu’une raison ne le justifie, la pensée s’impose juste à moi, je rêve. Quant à la réalité du jour c’est la même chose, c’est quelque chose que je sais. Parfois pourtant mon état de conscience me fait me sentir comme dans un rêve. Et vice versa. Parfois je peux confondre ce que je vis en rêve avec la réalité. A tel point que je dois parfois vérifier à postériori si certains souvenirs appartiennent au rêve ou à la réalité.

Ma mémoire ne fait pas de tri. Elle se contente de stocker les évênements au même titre les uns que les autres. Ses critères se situent sur un autre registre, celui des émotions et perceptions associées.

Et bien je suis de retour, pourquoi pleures-tu ? Pleureras-tu plus quand je serai mort ? (The Sequel - Fields of the Nephilim)


« Je ne suis ni une illusion ni un mirage. Ecoute-moi. C’est important. Il ne faut plus t’asseoir face à l’ouest. Tourne-toi vers l’Est.- Vers l’Est ?- Oui. Car je suis toujours sur cette terre. »

"En pleurant vous avez rompu le pacte…"

« et cesse de pleurer je te l’ordonne » lui gronde l’écureuil, signifie :

Pourquoi perdre ton temps à te lamenter puisqu’elle est vivante. Utilise plutôt ton énergie pour la retrouver. Elle doit t’attendre quelquepart et trouver le temps long.

Chapitre 6 – « Qu’avez-vous à perdre ? Imaginez un instant ce que devait éprouver Christophe Colomb en partance pour la Terra Incognita. C’est un peu cette sorte d’aventure que vous pourriez entreprendre, à la différence que vous auriez plus de chance que lui. »

« Notez que le mot kachina figure l’esprit. L’esprit des morts, plus précisément. Ils viennent soit des montagnes environnantes – c’est ici que nous retrouvons un passage important de votre rêve -, soit du village kachina au fond du lac sacré à l’ouest de Zuñi ».

vendredi, février 04, 2005

"On meurt d’une âme devenue trop triste. Alors si tu veux engranger un peu d’immortalité, écoute tes rêves."

La maladie, la mort, le désespoir, la solitude. Tous sont causés par les désirs non satisfaits de l’âme. Celui qui n’écoute pas ses rêves n’écoute pas son âme. Et c’est terrible.
Car l’âme devient triste, si triste qu’un jour elle décide de nous quitter. C’est pour cette raison que l’on meurt.
On meurt d’une âme devenue trop triste. Alors si tu veux engranger un peu d’immortalité, écoute tes rêves. (l’Indien, p. 116 – Chap. 7)


Ricardo rêve à haute voix dans une autre langue. C'est sa fiancée qui s'en aperçoit, lui ne s'entend pas. Comme la chose se répète, et parce qu'elle s'en inquiète, la jeune femme en parle à un ami de la famille qui est médecin. Celui-ci incite Vacarezza à consulter une psychanalyste yungienne. Le roman est écrit à une époque où la psychanalyse est en vogue. Dans les milieux intellectuels on découvre Yung et une autre version de l’inconscient, l’inconscient collectif qui pourrait justifier la télépathie et autre phénomènes de l’esprit dits paranormaux ou surnaturels et rangés jusque là dans la branche ésotérique autrement dit fantaisiste, bref, tout sauf reconnue par les scientifiques et le corps médical.

Ricardo est sur le point de « prendre femme ». Il va le faire comme on passe une étape de l’existence, un échelon de l’ascension sociale, ou comme on ajoute une décoration à son blason. Il ne le fait pas de manière inconsidérée. Non. Il l’a choisie selon les meilleurs critères de réussite pour un mariage et fondation de sa famille. De plus il l’a choisie, ou s’est laissé choisir, parce qu’elle l’aime, de façon évidente, et qu’il peut s’attacher à elle.
Que demander de plus ?

Malgré cela, des évênements vont le transformer profondément et au terme d’une longue psychothérapie l'engager à changer complètement de vie. Il va renoncer à son mariage et partir en voyage pour donner un vrai sens à sa vie, pour trouver l' inconnue seulement rencontrée dans ses rêves.

Il se permet cela nous dit le roman, en s’appuyant sur le corps scientifique, représenté par sa référence en la personne d’Adelma Maezani la psychanaliste renommée, et sur ses nouvelles connaissances en matière de psychologie acquises avec son aide et assistance au fil des mois.

Au cours du périple qui le fait confronter ses expériences avec les théories de sa psy et et contre toute déontologie, il en vient même à impliquer la psychanaliste dans certains évênements et à partager avec elle certaines de ses expériences en direct.

Vacarezza vient à comprendre enfin que la femme de ses rêves existe bel et bien, et qu'il lui reste à la trouver à l'aide des éléments fournis par ses visions.

Il met fin à sa psychothérapie d'un commun accord avec Maezani afin de poursuivre ses investigations dans la réalité ce qui implique de partir en voyage en Grèce.

Afin de se libérer pour l’aventure et alors qu'il a été percé à jour par le père de Flora très peu de temps avant le mariage, Vacarezza décide de mettre un terme à leur relation.

Le paragraphe de la rupture avec Flora à l'initiative de Ricardo s’achève ainsi :

« J’aurais préféré qu’il y eut une autre femme dans ta vie. Au moins j’aurais pu me battre. (…/…)
Tandis que là… comment lutter ?

C’est une armée d’ombres que tu m’opposes. Un ennemi qui n’est pas incarné. Un fantôme.
Il répliqua d’une voix sourde :

- Tu ne crois pas si bien dire. Un fantôme. »


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